Le lancement d'Atlantis reporté à samedi au plus tôt
Prévu initialement jeudi soir vers 22h30, le lancement de la navette spatiale Atlantis a été reporté à samedi au plus tôt par la Nasa, en raison d'une anomalie technique. Deux des quatre jauges indiquent que le réservoir est vide alors qu'il est plein. Une anomalie similaire avec ces jauges s'était produite pour le lancement de la navette Discovery en juillet 2005 et avait entraîné un retard du lancement de plus d'une semaine.
Le Français aura la lourde tâche d’assurer la mise en route de Columbus et l’installation d’une partie de ses dix cases à équipement (ou racks, plus deux plates-formes externes). La moitié de ces racks sera utilisée par les États-Unis, en échange du lancement du module par leur navette Atlantis. De même, l’ESA paiera en nature sa contribution au fonctionnement de l’ISS en livrant du fret au moyen de son vaisseau automatique ATV, dont le premier lancement est prévu début février 2008. D’un coût estimé à 880 millions d’euros, surtout financé par l’Allemagne (41 %), l’Italie (23 %) et la France (18 %), Columbus a failli ne jamais voler. Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis les premières études avec un lancement prévu en 1992, année du cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (d’où le nom de Columbus…). L’abandon par les Américains de leur projet de station Freedom a d’abord failli lui être fatal.
En mars 1996, l’ESA ressort le projet des cartons pour l’ISS et confie sa réalisation à la firme allemande Dasa (aujourd’hui intégrée à EADS-Astrium) qui sous-traite sa construction à l’italien Alenia Spazio. Columbus verra son budget amputé de moitié et son volume réduit des deux tiers… Mais six ans plus tard, il est prêt à être lancé. Manque de chance : l’assemblage de l’ISS a (déjà) pris du retard. Pis : en février 2003, la catastrophe de Columbia et l’interruption des vols de navettes, seuls vaisseaux capables d’emporter une telle charge auprès de la station, le clouent une nouvelle fois au sol. Ce n’est qu’après le vol réussi de Discovery, en juillet 2006, que la Nasa va reprendre les missions de ses trois navettes pour terminer l’assemblage de l’ISS fin 2010. Au final, un peu plus de 8 % des éléments de la station seront «made in Europe».
Source: Le Figaro.fr